Entrepreneuriat : à Limete, une formation mise sur les compétences pour faire grandir la filière des jus naturels
À Kinshasa, des entrepreneurs explorent de nouvelles possibilités dans la transformation agroalimentaire. À la Maison de l’Entrepreneuriat et de l’Innovation de Limete, un atelier organisé à l’initiative de l’établissement Le Pressoir a consacré deux journées à la production, la conservation, la présentation et la commercialisation de jus naturels. Une approche qui mise moins sur la seule motivation entrepreneuriale que sur l’acquisition de compétences pratiques.
Passer de l’idée à un produit maîtrisé
Les 27 et 28 mars 2026, la Maison de l’Entrepreneuriat et de l’Innovation de Limete a accueilli un atelier consacré à la production de jus naturels. La rencontre a réuni des hommes et des femmes souhaitant développer une activité dans la transformation agroalimentaire.

L’initiative, portée par l’établissement Le Pressoir, s’inscrit dans une dynamique de développement des compétences entrepreneuriales autour des produits locaux.
Pour ces futurs ou jeunes entrepreneurs, l’enjeu ne consiste pas seulement à savoir produire un jus. Il faut également être capable d’en maîtriser la qualité, d’en assurer la conservation, de le présenter au consommateur et de trouver les moyens de le commercialiser.
C’est sur cette chaîne de compétences que la formation a choisi de travailler.
La qualité commence dans le processus
Aux côtés de Mme Mélanie Kankolongo, les participants ont notamment été formés aux principes d’une transformation saine.
L’accent a été mis sur plusieurs fondamentaux : le respect des règles d’hygiène, la maîtrise technique des procédés de transformation et le travail en synergie.
Cette approche part d’un principe simple : la qualité du produit final dépend des différentes étapes qui précèdent sa mise sur le marché.

Pour un entrepreneur agroalimentaire, maîtriser ces étapes peut donc constituer une première réponse à l’un des défis de la transformation locale : passer d’une production artisanale ou occasionnelle à une activité mieux structurée.
Conserver, présenter et vendre
La formation ne s’est pas limitée à la fabrication des jus.
Les participants ont également abordé les techniques de conservation, le packaging, la valorisation et la commercialisation des produits, ainsi que le marketing digital pour mieux les faire connaître.
Ces différents modules montrent que l’entrepreneuriat agroalimentaire ne se joue pas uniquement dans l’atelier de production.
Un produit peut être bien fabriqué et pourtant rencontrer des difficultés à trouver son marché. Sa durée de conservation, son conditionnement, son identité visuelle, son prix, son positionnement et la manière dont il est présenté au public participent également à sa capacité à trouver des débouchés.
La formation a donc cherché à donner aux participants une vision plus complète de la chaîne de valeur.
L’ANADEC : encourager, mais surtout renforcer les capacités
La présence de Mathieu Tshibumbu Muboyayi, DGA de l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), a constitué un moment d’encouragement pour les participants.
Lors de cette visite, il a insisté sur l’importance de la maîtrise, de la rigueur et de la discipline dans le parcours entrepreneurial.
« Le succès n’est pas magique. Il repose sur la maîtrise, la rigueur et la discipline dans chaque étape du processus. »
Cette idée rejoint l’approche développée pendant l’atelier : l’entrepreneuriat ne repose pas uniquement sur l’existence d’une bonne idée. Il nécessite également des compétences permettant de transformer cette idée en produit, puis ce produit en activité économique viable.
Une piste pour renforcer l’économie locale

En formant des entrepreneurs à la transformation des produits agricoles et à leur commercialisation, ce type d’initiative explore une piste pour renforcer la valeur ajoutée créée localement.
Au lieu de considérer uniquement la matière première comme une ressource à vendre, la transformation permet d’envisager d’autres possibilités : produire, conditionner, créer une marque et rechercher des marchés.
Pour les participants, le défi commence désormais après la formation : mettre en pratique les techniques apprises, maintenir les exigences d’hygiène et de qualité, améliorer leurs produits et transformer les connaissances acquises en activités économiques durables.
De la formation à l’impact : le prochain défi
L’atelier constitue un premier pas, mais il ne permet pas encore de mesurer l’impact économique à long terme.
La véritable question sera de savoir combien de participants passeront effectivement de la formation à la production, combien pourront commercialiser durablement leurs jus et si ces nouvelles compétences contribueront à augmenter leurs revenus ou à créer des emplois.
C’est dans cette continuité que se trouve l’enjeu de la démarche : faire de la formation non pas une fin, mais un outil permettant à une nouvelle génération d’entrepreneurs de mieux structurer leurs activités et de créer davantage de valeur à partir des ressources locales.
