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Partager un livre, c’est partager un avenir : quand la solidarité ouvre les portes de la lecture

Un livre qui dort sur une étagère peut retrouver une seconde vie entre les mains d’un enfant, d’un élève, d’un détenu ou d’un patient hospitalisé. C’est sur cette conviction que repose l’opération solidaire « Partager Lire », qui a permis de collecter près de 230 000 ouvrages destinés à des personnes ayant difficilement accès à la lecture. Une initiative qui rappelle que la promotion du livre peut aussi devenir un puissant levier d’éducation, d’inclusion sociale et de développement.

Chaque année, des milliers de livres restent inutilisés dans les bibliothèques familiales alors que, dans de nombreuses régions du monde, les écoles, les centres culturels et les bibliothèques manquent cruellement d’ouvrages.

L’opération « Partager Lire », organisée en Suisse, propose une réponse simple à ce déséquilibre : inviter les lecteurs à offrir les livres dont ils n’ont plus l’usage afin qu’ils poursuivent leur parcours auprès de nouveaux lecteurs.

Le livre comme outil de développement

Pour sa quatorzième édition, l’initiative a permis de réunir près de 230 000 livres grâce à la mobilisation des lecteurs dans les librairies Payot, les magasins Nature & Découvertes Suisse et les supermarchés Coop de Suisse romande.

Mais au-delà du nombre d’ouvrages collectés, c’est leur destination qui retient l’attention.

Pour la première fois, près de 160 000 livres sont destinés aux bibliothèques scolaires et aux établissements pénitentiaires du Burkina Faso. Plus de 42 000 ouvrages rejoindront des centres culturels et plus de deux cents bibliothèques scolaires rurales en Tunisie. D’autres seront distribués à des personnes en situation de précarité dans le canton de Genève ainsi qu’à des établissements hospitaliers de Suisse romande.

Cette répartition traduit une même ambition : permettre à la lecture d’atteindre des publics qui en sont souvent privés.

Le livre, bien plus qu’un objet

Offrir un livre ne revient pas seulement à transmettre des pages imprimées.

C’est aussi transmettre des connaissances, stimuler l’imagination, favoriser l’apprentissage des langues, développer l’esprit critique et créer des occasions de dialogue entre les générations.

Dans les écoles rurales, l’accès aux livres peut enrichir les apprentissages au-delà des manuels scolaires.

Dans les établissements pénitentiaires, la lecture peut constituer un espace de réflexion, de reconstruction personnelle et de préparation à la réinsertion.

Dans les hôpitaux, elle offre aux patients un moment d’évasion et contribue au bien-être psychologique.

Autrement dit, un même ouvrage peut produire des effets différents selon les personnes qui le reçoivent, mais tous participent au renforcement du capital humain.

Une chaîne de solidarité qui dépasse les frontières

Lancée en 2008, l’opération Partager Lire s’est progressivement imposée comme un rendez-vous annuel de la solidarité autour du livre. Son développement repose sur une mobilisation conjointe de librairies, d’entreprises, d’associations, de bénévoles et de lecteurs convaincus qu’un ouvrage déjà lu peut encore transformer d’autres vies.

Cette coopération entre acteurs privés, organisations de la société civile et partenaires locaux illustre qu’une réponse simple peut avoir un impact international lorsqu’elle s’inscrit dans la durée.

Une source d’inspiration pour l’Afrique

L’expérience de Partager Lire soulève également une réflexion pour les pays africains.

Alors que de nombreuses écoles, bibliothèques communautaires et centres culturels font face à un manque de ressources documentaires, des initiatives similaires pourraient renforcer l’accès au livre, encourager la lecture chez les jeunes et soutenir les politiques éducatives.

La promotion de la lecture ne relève pas uniquement des éditeurs ou des bibliothécaires.

Elle peut devenir un mouvement collectif associant citoyens, entreprises, collectivités locales et organisations de développement autour d’un objectif commun : faire du livre un bien partagé plutôt qu’un privilège.

Quand un livre change plusieurs vies

L’opération Partager Lire rappelle qu’un ouvrage ne perd pas sa valeur après sa première lecture.

Au contraire, il peut continuer son voyage, nourrir de nouvelles curiosités, accompagner des apprentissages, ouvrir des perspectives et susciter des vocations.

Dans un monde où les inégalités d’accès au savoir demeurent importantes, cette initiative démontre qu’un geste aussi simple que le don d’un livre peut contribuer, à son échelle, à bâtir une société plus instruite, plus solidaire et plus inclusive.

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