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Numériques : à Kinshasa, Creators Bomoko cherche des réponses pour mieux valoriser la créativité numérique

Comment transformer une audience numérique en opportunités économiques tout en protégeant ses créations ? C’est l’une des questions au cœur de Creators Bomoko, une rencontre consacrée à la créativité et au numérique, organisée à Kinshasa par l’Ambassade des États-Unis, en collaboration avec l’écosystème local du numérique et de l’innovation.

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A la première journée tenue le vendredi 18 septembre 2026, le Musée national de la République démocratique du Congo a accueilli la première journée de Creators Bomoko. L’événement a réuni des créateurs de contenu et différents acteurs du numérique autour des nouvelles tendances, des plateformes digitales et des opportunités offertes par l’économie créative.

Au-delà des échanges sur les tendances numériques, les discussions ont surtout porté sur deux préoccupations auxquelles sont confrontés de nombreux créateurs : comment tirer des revenus de son travail et comment protéger ses œuvres ?

Transformer sa créativité en opportunités

Le panel consacré à la monétisation de la créativité numérique a réuni le créateur de contenu Medi Semonon et Binja Basimike.

Les échanges ont porté sur les différentes possibilités offertes aux créateurs pour valoriser leur travail : développement de leur présence numérique, promotion de leurs contenus et collaboration avec des partenaires.

Une idée importante est ressortie des discussions : la création de contenu ne constitue pas nécessairement, à elle seule, une source de revenus suffisante et immédiate. Elle peut cependant contribuer à créer une certaine stabilité lorsqu’elle est associée à des partenariats et à d’autres mécanismes de valorisation.

Cette approche invite les créateurs à considérer leur activité non seulement comme une production de contenus, mais également comme une activité qui nécessite une stratégie : connaître son public, développer son identité, construire des collaborations et identifier les différentes possibilités de revenus.

Protéger ce que l’on crée

La question économique est toutefois liée à une autre problématique : celle de la propriété intellectuelle.

Le deuxième panel de la journée était consacré à la protection et au respect de la propriété intellectuelle. Il a réuni notamment Ndikulu Yana, avocat au barreau de Kinshasa-Matete, Jolie Joanna Migisa ainsi qu’Élisabeth, intervenue en visioconférence.

Les échanges ont rappelé aux créateurs qu’une œuvre originale peut être protégée et que son auteur doit pouvoir faire valoir ses droits.

La discussion a notamment abordé les possibilités d’appropriation et de protection des œuvres, avec une référence à la Société congolaise des droits d’auteur et des droits voisins (SOCODA).

Pour les créateurs numériques, cette question est particulièrement importante dans un environnement où les contenus peuvent être rapidement copiés, repris ou diffusés sur différentes plateformes.

Maître Yana a également insisté sur une autre dimension : protéger son propre travail implique aussi de respecter celui des autres créateurs. Utiliser une photographie, une musique, une vidéo, un texte ou une autre œuvre dans sa propre production ne dispense pas de prendre en compte les droits de son auteur.

Informer pour mieux créer

La séance de questions-réponses qui a suivi a permis aux participants de revenir sur les préoccupations liées à la monétisation et à la propriété intellectuelle.

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Ces échanges mettent en évidence un besoin qui dépasse la seule question technique : les créateurs ont besoin de mieux connaître les mécanismes économiques et juridiques qui entourent leurs productions.

Dans cette perspective, l’intérêt de rencontres comme Creators Bomoko réside moins dans la promesse d’une recette unique que dans la mise à disposition d’informations, d’expériences et d’outils permettant aux créateurs de prendre de meilleures décisions concernant leurs activités.

La première journée s’est achevée par un concert de slam, donnant une dimension artistique à cette rencontre consacrée à la création et au numérique.

Et après ?

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La question reste désormais de savoir comment ces échanges pourront se traduire dans la pratique : davantage de créateurs capables de monétiser leurs contenus, de négocier des partenariats et de protéger effectivement leurs œuvres.

C’est aussi là que se mesure l’impact d’une initiative consacrée à l’économie créative : dans la capacité des créateurs à transformer les connaissances acquises en pratiques durables et en opportunités concrètes.

Ornella Ntumba

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