En RDC, la prévention et le dépistage des cancers féminins changent d’échelle
Le 8 octobre 2026, à la Clinique Ngaliema de Kinshasa, les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers et les acteurs communautaires ont lancé une campagne de prévention, de dépistage précoce et de prise en charge du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein. L’initiative entend rapprocher les services de santé des femmes et réduire les obstacles qui retardent souvent le diagnostic.
Les résultats déjà rapportés par l’OMS donnent une première indication de l’ampleur du travail accompli dans les six provinces d’intervention du projet. Près de 28 000 personnes ont été sensibilisées, 480 relais communautaires ont été formés et 230 séances de sensibilisation ont été organisées. Dans les structures sanitaires, des prestataires ont également été formés, des laboratoires équipés et des sites de dépistage rendus opérationnels.
Au total, 1 450 femmes avaient déjà bénéficié d’un dépistage du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein. Environ 7 % présentaient des lésions suspectes nécessitant une prise en charge complémentaire. Ces lésions suspectes ne signifient pas automatiquement qu’un cancer a été confirmé : elles appellent une évaluation médicale et, selon les résultats, des soins appropriés. Ce suivi est déterminant pour que le dépistage produise les bénéfices attendus.
La campagne cherche aussi à agir sur les obstacles sociaux et pratiques. Le manque d’information, la peur du diagnostic, les coûts et la distance des structures de santé peuvent retarder la consultation. L’approche consiste donc à informer les familles, mobiliser les communautés et encourager les femmes à se présenter aux services disponibles. Les relais communautaires peuvent jouer un rôle central en diffusant des informations fiables et en aidant les femmes à comprendre les possibilités de prévention et de dépistage.
La vaccination contre le papillomavirus humain (VPH), le dépistage précoce, le diagnostic et le traitement figurent parmi les outils qui permettent de réduire les risques liés au cancer du col de l’utérus. L’OMS souligne que l’enjeu est désormais de garantir l’accès effectif à ces outils, indépendamment du lieu de résidence et des ressources financières des femmes.
Pour évaluer cette campagne dans la durée, il faudra suivre le nombre de femmes dépistées, la proportion de celles qui accèdent à des examens complémentaires, les délais de prise en charge et les obstacles qui persistent. Ces indicateurs permettront de distinguer la portée des activités de sensibilisation des résultats obtenus en matière de santé.
