En Ituri, les communautés participent à des enterrements plus sûrs face à Ebola
En Ituri, la lutte contre Ebola s’appuie sur une démarche qui associe les communautés aux opérations d’enterrements dignes et sécurisés. L’objectif est de limiter les risques de contamination tout en tenant compte des croyances et des pratiques culturelles des familles. Cette dimension est essentielle dans une région où les rites funéraires occupent une place importante dans la vie collective.
Au début de la riposte, les équipes sanitaires se sont heurtées à la méfiance de certaines familles. Certaines hésitaient à signaler les décès, tandis que les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés faisaient parfois face à des menaces ou à des agressions. Les incompréhensions autour des mesures de protection risquaient ainsi de compromettre les opérations de prévention.
Pour répondre à ces difficultés, le ministère de la Santé, avec l’appui de l’OMS et de ses partenaires, a renforcé l’engagement communautaire. À Jina, dans le territoire de Djugu, 36 membres de la communauté ont été formés et répartis entre des équipes d’enterrements dignes et sécurisés et des équipes de décontamination. Ces volontaires sont connus des habitants, parlent les langues locales et comprennent les préoccupations des familles. Leur proximité facilite les échanges avec les personnes endeuillées.
L’OMS rapporte un changement concret : lors d’un décès à Jina, une famille a alerté les autorités sanitaires et attendu l’arrivée de l’équipe avant l’inhumation. Selon un membre d’une équipe locale, une telle réaction n’aurait pas nécessairement eu lieu quelques mois plus tôt. Ce témoignage illustre l’évolution des relations entre les familles et les équipes sanitaires, sans suffire à lui seul à mesurer l’ensemble des effets de l’approche.
Au 27 septembre 2026, l’OMS faisait état de plus de 11 573 alertes enregistrées et de 10 357 enterrements dignes et sécurisés réalisés en Ituri. Au total, 9 433 prélèvements avaient été effectués pour des analyses de laboratoire. L’organisation indiquait également que 20 équipes, dont 10 mobiles et 10 communautaires, avaient bénéficié d’un appui opérationnel et logistique. Ces chiffres situent l’ampleur du dispositif à cette date.
L’expérience met en évidence une leçon importante pour le journalisme des solutions : les mesures sanitaires sont plus susceptibles d’être acceptées lorsqu’elles sont expliquées et mises en œuvre avec les communautés. Pour pérenniser cette approche, il faudra continuer à former les volontaires, assurer leur protection, soutenir leur logistique et suivre l’évolution des signalements ainsi que l’acceptation des interventions par les familles.
