Incendie au marché UPN : au-delà du court-circuit, l’urgence de reconstruire un véritable service de lutte contre les incendies
Un nouvel incendie a ravagé une partie du marché UPN dans la commune de Ngaliema. Si un court-circuit est présenté comme l’origine du sinistre, cet épisode met surtout en lumière une autre vulnérabilité : l’absence d’un dispositif d’intervention capable de limiter rapidement les dégâts. À Kinshasa, chaque incendie rappelle que la protection des personnes et des biens dépend autant de la prévention que de la capacité des secours à intervenir dans les premières minutes.
Peu après trois heures du matin, un entrepôt du marché UPN a été détruit par un incendie qui, selon plusieurs témoins, aurait été provoqué par un court-circuit sur les câbles électriques surplombant le site.
À l’arrivée des commerçants, il ne restait plus que des marchandises calcinées. Matériel de quincaillerie, huiles, sacs de maïs, écorces de manioc et autres produits avaient déjà été réduits en cendres.
Heureusement, aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée.
Des incendies qui se répètent
Pour les commerçants, ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé.
Quelques semaines auparavant, un autre incendie avait déjà détruit plusieurs étalages et chambres froides du même marché.
Cette répétition des sinistres interroge sur la capacité des infrastructures urbaines à prévenir les risques électriques mais aussi sur la préparation des services de secours.
Les premières minutes décident souvent de tout
Dans la lutte contre les incendies, les spécialistes considèrent que les premières minutes sont déterminantes.
Une intervention rapide permet souvent de contenir les flammes avant qu’elles ne se propagent à l’ensemble des bâtiments.
Or, selon les témoignages recueillis sur place, aucun véhicule de lutte contre les incendies n’est intervenu pendant que les flammes consumaient progressivement l’entrepôt.
Les commerçants n’ont pu qu’assister, impuissants, à la destruction de leurs biens.
Cette situation soulève une question essentielle : combien de pertes auraient pu être évitées si une unité spécialisée avait pu intervenir immédiatement ?
La prévention reste le premier rempart
L’incendie met également en évidence l’importance de la prévention.
Les raccordements électriques improvisés, les installations vieillissantes et les câbles surchargés constituent des facteurs de risque dans de nombreux marchés de Kinshasa.
Réduire ces risques suppose un contrôle régulier des installations, une meilleure sécurisation des réseaux électriques ainsi qu’une sensibilisation des commerçants aux bonnes pratiques de sécurité.
La prévention coûte souvent beaucoup moins cher que la reconstruction après une catastrophe.
Vers un service moderne de protection civile
Dans plusieurs grandes villes africaines, les services de lutte contre les incendies évoluent progressivement grâce à la création de casernes de proximité, à la modernisation des équipements et à la formation continue des sapeurs-pompiers.
Ces investissements permettent de réduire les délais d’intervention et de limiter les pertes humaines et matérielles.
Pour une métropole de plusieurs millions d’habitants comme Kinshasa, disposer d’un service d’incendie suffisamment équipé, capable d’intervenir rapidement dans les marchés, les quartiers populaires et les zones industrielles, constitue aujourd’hui un enjeu majeur de sécurité publique.
Protéger les marchés, protéger l’économie familiale
Derrière chaque incendie se trouvent des centaines de familles dont les revenus disparaissent parfois en quelques heures.
Pour beaucoup de commerçants, les marchandises détruites représentent plusieurs années d’épargne et la principale source de revenus du ménage.
Investir dans la prévention des incendies et dans des services de secours performants ne relève donc pas uniquement de la sécurité.
Il s’agit également d’un investissement dans la résilience économique des familles, la protection des petits entrepreneurs et la stabilité des activités commerciales.
Transformer les catastrophes en opportunités de réforme
L’incendie du marché UPN rappelle que les catastrophes urbaines ne sont pas toujours inévitables.
En améliorant les infrastructures électriques, en renforçant les dispositifs de prévention et en dotant la capitale d’un service moderne de lutte contre les incendies, il est possible de réduire considérablement les conséquences de tels sinistres.
Au-delà du drame vécu par les commerçants, ce nouvel incendie invite ainsi les autorités, les gestionnaires des marchés et les partenaires techniques à faire de la sécurité incendie une priorité de la gouvernance urbaine.
