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Environnment : À Yangambi, les communautés montrent que protéger la forêt peut aussi améliorer les revenus des ménages

Préserver les forêts tout en améliorant les conditions de vie des populations locales : ce défi, longtemps perçu comme un choix impossible, est au cœur d’une initiative mise en œuvre dans la Réserve de biosphère de Yangambi. En formant les communautés à une gestion durable des ressources naturelles et en valorisant les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL), le projet mise sur une conviction simple : les populations deviennent les meilleures protectrices de la forêt lorsqu’elles tirent elles-mêmes des bénéfices de sa préservation.

Au cœur du Bassin du Congo, la Réserve de biosphère de Yangambi abrite l’un des patrimoines forestiers les plus importants d’Afrique. Pourtant, comme dans de nombreuses régions forestières, les communautés sont confrontées à un double défi : préserver les ressources naturelles tout en trouvant des moyens de subsistance durables.

Pour répondre à cette réalité, plus de 120 membres des communautés, parmi lesquels des chefs coutumiers, des représentants des peuples autochtones, des jeunes et 40 femmes leaders, ont participé à une série de sessions de sensibilisation organisées dans huit villages de la réserve. L’objectif était de renforcer leurs capacités afin qu’ils jouent un rôle actif dans la gouvernance locale des ressources naturelles tout en développant des activités génératrices de revenus compatibles avec la conservation de la biodiversité.

Faire de la forêt une richesse durable plutôt qu’une ressource à épuiser

L’initiative repose sur une idée simple : lorsque les communautés disposent des connaissances, des compétences et des mécanismes de gouvernance nécessaires, elles deviennent les premières actrices de la protection de leur environnement.

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Les échanges ont permis d’identifier plusieurs difficultés qui freinent encore cette transition, notamment l’exploitation non durable de certaines ressources, la faible organisation des producteurs, les difficultés d’accès aux marchés et le manque de techniques de transformation permettant d’accroître la valeur ajoutée des Produits Forestiers Non Ligneux.

Plutôt que de limiter les populations à un rôle d’observateurs, le projet les associe directement à la recherche de solutions adaptées à leur réalité.

Les savoirs locaux au cœur de la conservation

L’un des enseignements majeurs de ces rencontres est la reconnaissance des savoirs autochtones comme un véritable levier de gestion durable des ressources naturelles.

Les participants ont souligné que les pratiques traditionnelles, lorsqu’elles sont combinées aux approches scientifiques modernes, peuvent renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques tout en préservant les écosystèmes forestiers.

Cette approche marque une évolution importante : la protection de la biodiversité ne repose plus uniquement sur des décisions prises à l’extérieur des communautés, mais sur la valorisation de leurs connaissances et de leur expérience.

Quand la conservation devient une opportunité économique

Les femmes, particulièrement impliquées dans la collecte et la commercialisation des Produits Forestiers Non Ligneux, voient dans cette initiative une occasion d’améliorer durablement les revenus des ménages.

Les formations portent notamment sur les techniques de transformation, de conservation et de commercialisation des produits, afin de créer davantage de valeur sans accroître la pression sur la forêt.

Pour les jeunes également, cette démarche ouvre de nouvelles perspectives.

En développant des activités économiques compatibles avec la conservation, ils espèrent démontrer qu’il est possible de créer des opportunités locales tout en protégeant les ressources naturelles dont dépend l’avenir de leurs villages.

Des comités villageois pour inscrire les changements dans la durée

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Au-delà des sessions de sensibilisation, le projet a abouti à la création de Comités villageois de gestion des Produits Forestiers Non Ligneux dans chacun des huit villages concernés.

Ces structures auront pour mission de promouvoir les bonnes pratiques de gestion, d’encourager la concertation entre les communautés et les partenaires, ainsi que d’assurer le suivi des actions locales de conservation.

En institutionnalisant cette gouvernance locale, les communautés disposent désormais d’un cadre permanent pour poursuivre les efforts engagés.

Une expérience qui pourrait inspirer d’autres territoires forestiers

L’expérience menée à Yangambi rappelle qu’il est souvent plus efficace d’impliquer les populations dans la gestion des ressources naturelles que de leur imposer des mesures de conservation.

Lorsque les habitants comprennent que la préservation des forêts peut également améliorer leurs revenus, renforcer la sécurité alimentaire et créer de nouvelles opportunités économiques, la conservation cesse d’être perçue comme une contrainte pour devenir un investissement dans leur propre avenir.

Les activités de sensibilisation devraient progressivement être étendues à d’autres villages de la Réserve de biosphère de Yangambi afin de consolider cette dynamique communautaire et de promouvoir une gestion durable des Produits Forestiers Non Ligneux à plus grande échelle.

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